Initiation apiculture – Niveau 1 : Débutant – Leçon 1 : Je me pose les bonnes questions

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Sommaire : MAJ décembre 2017
Pourquoi faire de l’apiculture? Quel type de ruches? Où les mettre? Quelle est la réglementation? Combien ça coûte? Quelles abeilles? Comment récolter? Quel équipement?
Le cycle de vie des abeilles – Les différentes races d’abeilles.

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1.1 – POURQUOI FAIRE DE L’APICULTURE ?

  • se faire plaisir : C’est un véritable bonheur de faire de l’apiculture. Admirer le travail des abeilles, s’impliquer et comprendre leur cycle de vie…
  • élever des abeilles : C’est comprendre comment ces petites créatures fonctionnent. On peut ainsi créer les conditions favorables à leut développement.
  • récolter du miel : Extraire et déguster son propre miel ! c’est un privilège. Et si la récolte est conséquente, on peut l’offrir et le commercialiser sous certaines conditions.
  • assurer la pollinisation des plantes et fleurs : On participe ainsi à la lutte contre la disparition annoncée des pollinisateurs


1.2 – LES QUESTIONS   

Où? Quoi? Quand ? Comment ? Pourquoi ? Combien ? Qui ?


1.3 – DES AXES DE REPONSES

  • Où installer les ruches ?
  • Quel type de ruche ?
  • Quelles abeilles ?
  • Quelles précautions ?
  • Que faut-il comme équipement ?
  • Où et comment récolter le miel ?
  • Combien cela va-t-il coûter ?
  • Quelle réglementation ?

1.4 – L’IMPLANTATION DU RUCHER

Où installer les ruches ?

* Dans son jardin :

Voici quelque photos des ruches installées dans mon jardin. Elles pollinisent ainsi mes fruitiers, fleurs, légumes…et ceux de mes voisins.

Les distances de voisinage:

Il y a des dispositions réglementaires à respecter. qui ne sont en soit pas très contraignantes. Si en temps normal, les abeilles vivent leur vie et nous la nôtre, c’est au moment des visites et de la récolte qu’il faudra être attentif à ne pas gêner  le voisinage. Pour ce qui me concerne j’opère le soir sur les ruchers plus sensibles. Reste les essaimages qui peuvent effrayer les voisins en raison du nombre (10 000 à 25 000 abeilles) mais sans véritable danger car les abeilles gorgées de miel avant le grand départ sont calmes et pas du tout agressives

Réglementation: 

  • 20 m des propriétés privées ouvertes (5 m dans la marne)
  • En limite de propriété si mur, cloison, haie de 2m de haut et de 2 m de part et d’autre
  • 100 m des établissements publics (école….)

* Dans la nature :

Les contraintes sont de fait moins difficiles.

  • Les abeilles couvrent une surface de 3000  hectares, mais elle vont préférer la proximité avant d’aller plus loin
  • Zone végétale, quoique…en ville : il faut des ressources mellifères variées et disponibles au cours de la saison apicole. En ville, cette diversité existe mais se pose aujourd’hui le problème du nombre de ruches. Certaines villes commencent à avoir trop de ruches (Londres, Paris ?), donc trop d’abeilles domestiques par rapport aux pollinisateurs sauvages (papillons, bourdons…) avec une ressource alimentaire limitée.
  • Accès à l’eau : Il faut de l’eau à proximité. les abeilles boivent beaucoup. Cela peut poser problème avec les piscines ou les bassins du voisinage. Il est possible de créer une petite à proximité des ruches ou une réserve d’eau avec des éléments flottants pour éviter que les abeilles se noient.

1.5 – RUCHER DES VILLES OU RUCHER DES CHAMPS

Les zones de butinage urbaines et rurales peuvent se recouvrir en fonction des ressources mellifères. La zone la plus courte est toujours préférées, notamment au printemps ou à l’automne, quand la météo est capricieuse.

  • 1 km: 300 ha
  • 2 kms: 1200 ha
  • 3 kms: 3000 ha

1.6 – TYPES DE RUCHES

Choisissez plutôt le type de ruche la plus courante de votre zone ou région.

La ruche Dadant à cadres est souvent citée  mais le choix peut aussi se faire sur la ruche Warré, dite ruche populaire ou d’autres types de ruches (TBH, Langstroth…)

Les ruches verticales à cadres:
– Ruche Dadant
– Ruche Voirnot
– Ruche Langstroth
– Ruche Layens
– Ruche WBC
– Ruche Tonelli
– Ruche Aumonière

Ruche WBC, très répandue en GB

Les ruches traditionnelles sans cadres:
– Ruche Warré dite ruche écologique
– Ruche keynianne TBH
– Ruche tanzanienne TBH
– Ruche tronc
– Ruche paille


1.7 – STRUCTURE D’UNE RUCHE A CADRES


1.8 – LA RUCHE DADANT

Ruche verticale à cadres : C’est la plus répandue en Europe.
(Charles Dadant, inventeur du cadre mobile)
Le plateau sur lequel repose un corps de ruche avec 10 ou 12 cadres.
Au-dessus du corps: les hausses où les abeilles entreposent le miel sur des 1/2 cadres prés-remplis avec de la cire gaufrée qui sera récolté .
Au sommet : un toit plat, ou en chalet. Simple question d’esthétique. Toutefois, éviter le toit simplement tôlé, car il n’y a pas d’isolation, il faut alors en rajouter. Préférez les toits « bois tôlés »
Voici les dimensions internes d’une ruche Dadant. Les dimensions externes varient suivant l’épaisseur du bois (en général entre 20 et 27 mm).
Ces dimensions internes sont à respecter au millimètre.

Taille Dadant 10 cadres: (h x l x L) 31 x 38 x 45 Hausse: h= 17
Taille Dadant 12 cadres: (h x l x L) 31 x 45 x 45 Hausse: h= 17


1.9 – L’ABEILLE APIS MELLIFERA

L’essaim d’une ruche peut constituer en pleine saison un ensemble de 50 000 à 60 000 abeilles qui est très organisé. On y trouve 3 catégories d’abeilles auxquelles il convient d’ajouter les cellules de ponte que l’on appelle le couvain.

LA REINE

Il n’y en a qu’une. Elle a deux fonctions: Pondre et réguler les activités de la colonie grâce à ses phéromones. Elle peut, en pleine période, pondre jusqu’à 2000 oeufs par jour. Elle peut vivre 4 à 5 ans.

On la reconnaît grâce à son thorax très développé.

 

 

LE FAUX BOURDON

C’est le mâle. Ils naît d’un oeuf non fécondé (parthénogenèse). Il ne participe pas aux travaux de la ruche. Il est plus gros mais en plus petit nombre que les ouvrières (de l’ordre de 3000 à 4000) . Il commence à naître au printemps et meurt en automne. Il n’y a donc pas de mâles dans la ruche en hiver. Sa fonction est de féconder les jeunes reines vierges. Il peut être accepté dans n’importe quelle ruche et assure ainsi le brassage génétique. Il ne pique pas.

 

L’OUVRIÈRE

On distingue les ouvrières d’hiver qui vivent environ 4 mois, de l’automne au début du printemps, des ouvrières d’été, qui ne vivent que 45 jours. Au cours de leur vie, les ouvrières remplissent successivement plusieurs fonctions, même s’il y a une certaine flexibilité des tâches.

La nettoyeuse (J1-J3): Les jeunes abeilles se consacrent quasi exclusivement au nettoyage

La nourrice (J3-J9). Pendant cette période, les jeunes abeilles peuvent nourrir le couvain grâce à leurs glandes nourricières.

La magasinière (J9-J12). Lorsque les butineuses reviennent à la ruche chargées de nectar ou de pollen, elles transfèrent par trophallaxie le précieux butin.

La cirière (J12-J18). Les abeilles se coordonnent entre elles pour assurer la construction des cellules, lesquelles sont inclinées de 13° pour permettre le stockage du miel au fond des cellules.

L’architecte et la maçonne. Il s’agit pour les abeilles de construire les rayons et les alvéoles de la ruche.

La ventileuse. La ruche conserve une température située entre 32° et 36°. Lorsque la température est  élevée, elles vont chercher de l’eau à l’extérieur, Si la température est insuffisante, les ouvrières font vibrer leurs muscles thoraciques pour produire de la chaleur.

La gardienne (J15-J25). La défense de la ruche est assurée par des ouvrières spécialisées. Elles se postent à l’entrée de la ruche. Leur rôle est de vérifier que les abeilles qui entrent dans la ruche appartiennent bien à leur colonie.

La butineuse (J22 – mort). C’est la dernière phase de vie d’une ouvrière. Il s’agit d’aller rechercher d’une avant de mourir le nectar, le pollen, l’eau et la propolis qui vont permettre à la colonie de survivre.


1.10 – LE COUVAIN

L’oeuf– 3 jours – La reine pond un oeuf  par cellule. Dans les alvéoles, la reine pond un oeuf fécondé, qui se transformera en ouvrière. Certaines alvéoles sont plus larges. Ce sont oeufs non fécondés, qui deviendront des faux-bourdons

La larve – 6 jours – L’oeuf éclot après 3 jours et il en sort une larve. Les premiers jours, les ouvrières nourrissent les larves de gelée royale, puis elles passent au miel et au pollen. Par contre les larves de reines sont toujours nourries à la gelée royale.

La nymphe

À cette étape, le minuscule organisme se développe. Les pattes, les yeux et les ailes prennent forme. Après cette étape, l’abeille devenue adulte sort de l’alvéole en grignotant l’opercule.


1.11 – LES RACES D’ABEILLES

Les races pures:

– L’apis mellifera mellifera:  De couleur noire, on la trouve souvent en France. Il s’agit d’une abeille rustique qui hiberne bien sous nos hivers froids.

– L’apis mellifera ligustica: Elle est de couleur jaune. Bonne productrice grâce à un bon couvain, plutôt douce. Elle est toutefois plus sensible aux grands froids. On la trouve principalement en Italie.

– L’apis mellifera iberiensis : De couleur noire, on la trouve surtout en Espagne, Portugal, Gibraltar. Produit beaucoup de propolis. Plutôt agressive.

– L’apis mellifera caucasica : Abeille orientale, de grande taille, couleur grise, très douce mais sujette à l’essaimage. Très présente sur le pourtour de la mer noire.

– L’apis mellifera carnica : De couleur grise, de grande taille, douce. Elle résiste bien aux hivers rudes. Elle se développe rapidement au printemps. Tendance à l’essaimage.

– L’apis mellifera adansonii : Très présente en Afrique de l’Ouest et Centrale. De couleur jaune. Abeille agressive, essaimeuse. Elle est fortement active, toute l’année.

Les races croisées:

– L’abeille Buckfast (dite Frère Adam)

La Buckfast  est obtenue par le croisement de Apis mellifera mellifera et Apis mellifera ligustica , créée dans l’abbaye de Buckfastleigh en GB, par le frère Adam . Il s’agissait pour lui d’améliorer la race locale décimée par la maladie de l’île de Wight en 1906. Elle est douce et productive. Tendance à l’essaimage

Elle est largement répandue dans le monde entier et particulièrement en France. Ses qualités et ses performances s’améliorent au fil du temps.


1.12 – L’EQUIPEMENT

La protection 

Vareuse & gants ou combinaison.


J’ai commencé par acheter une vareuse, mais il s’est vite avéré que ce n’était pas suffisant, les abeilles piquent certains jours à travers le jean. Aujourd’hui j’utilise une combinaison complète avec bottes. Je ne laisse aucune surface de peau non protégée car je suis devenu allergique aux piqures d’abeilles.

Enfumoir :

Il est impératif, même pour une visite rapide. Il restera à bien maîtrisé l’allumage et la production de fumée. Attention à ce que la fumée soit froide. Pour une visite rapide sur 2 ou 3 ruches , j’utilise du carton ondulé. Pour un temps plus long, il existe des granules. On met du journal, on allume, puis on verse les granules en pressant bien le soufflet de l’enfumoir.
NB: Pour être sûr qu’aucune braise ne vienne à passer, je mets un peu d’herbe fraîche au dessus.

Lève-cadre

Impératif, pour décoller de la propolis, de la cire, les cadres, couvre cadres…


1.13 – LA RECOLTE DU MIEL

LES DISTINCTIONS:

Le miel de fleurs : Provient du nectar des fleurs. Ce nectar est produit par les plantes, c’est en quelque sorte une sudation de la plante quand les conditions météorologiques sont satisfaisantes. En période de grande sécheresse par exemple, il n’y pas de production de nectar et donc rien à manger pour les abeilles. Cette production de nectar varie aussi au cours de la journée.

Le miel polyfloral, le nectar provient de plusieurs types de fleurs

Le miel monofloral, le nectar provient principalement d’un type de fleurs (la proportion peut varier de 50% à 80%)

Le miel de miellat: Provient des excrétions sucrées des suceurs de sèves ( pucerons…) des végétaux que les abeilles récoltent (miel de sapin, de forêt, de chêne…)

C’est l’analyse pollinique en laboratoire qui permet de valider si besoin un type de miel.

Le miel bio:

– Les ruches sont peintes à l’huile de lin ou peinture sans solvant

– Aucun produit chimique, antibiotique, pesticide de synthèse n’est autorisé au cours des différents stades de fabrication du miel bio.

– Le nourrissement se fait avec du sucre bio et le miel bio

– Le varroa est traité au thymol, acide oxalique, acide formique

– L’extraction du miel se fait à froid.

– Les cires sont bio

– Les abeilles butinent essentiellement sur des zones sauvages ou en agriculture biologique sur un rayon d’au moins 3 km soit 3000 ha

– les ruches sont placées à une distance suffisante de toutes sortes de productions non agricoles pouvant entraîner une contamination (autoroutes, zones industrielles, décharges, incinérateur…)


1.14 – LE MATERIEL DE RECOLTE

Pour récolter du miel sans matériel d’extraction, en particulier pour les ruches sans cadres, on peut griffer ou désoperculer les cellules, laisser égoutter ou presser  les rayons.


1.15 – LE BUDGET

Question large car il y a des écarts énormes entre le prix d’achat d’un matériel de base et celui de marque, entre l’achat, la location.

On peut faire de l’apiculture avec un très petit budget.

Exemple d’un budget complet et moyen pour une ruche Dadant 10 cadres

1 ruche Dadant kit 10 cadres
avec 1 hausse, grille à reine, réducteur
d’entrée, poignée, nourrisseur                      150 €
Cire Gaufrée (corps+ hausse)                         25 €
1 enfumoir 26 cm                                             27 €
1 vareuse de protection                                   50 €
1 paire de gants                                                15 €
1 lève-cadre grattoir                                        15 €
1 Brosse en crin chasse-abeilles                    6 €
Peinture                                                            12€

Prix  du matériel                                   300 €
+ Un essaim                                              130 €

TOTAL      pour 1 ruche                      430 €
Total pour 2 ruches                            710

Il  restera le matériel d’extraction qui peut être assez cher en inox
Bac à désoperculer, extracteur, couteau, maturateur.
On peut trouver des kits de base pour débutant à 350 € (matériels en plastique et inox pour l’extracteur) mais le prix de la qualité monte vite, même pour l’amateur, 1500 € pour un ensemble tout inox avec extracteur électrique.
Certains préfèrent récupérer un essaim naturel plutôt que d’en acheter un. C’est une solution, mais il faut savoir que cet essaim n’offre aucune garantie, l’achat d’un essaim de qualité assure une récolte dès la première année.

Il faudra aussi prévoir le traitement anti-varroa, l’assurance.

Donc globalement, c’est un véritable investissement au départ mais qui peut être assez rapidement amorti sur quelques années si l’on commercialise un peu sa production.

En résumé, il faut prévoir entre 1000 € et 2500 € pour bien démarrer.

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