Les pesticides


Les pesticides / Les maladies / Le frelon asiatique 


Les abeilles en danger :

Elles ont toujours vécu en harmonie avec la nature, les plantes, les arbres et les fleurs. En totale communion, elles n’ont pas développé de défenses particulières, or aujourd’hui, les pesticides en particulier les ont fragilisé. Beaucoup plus sensibles aux attaques qu’elles subissent, l’homme doit maintenant intervenir pour les protéger. Les types d’agressions sont les maladies, les pesticides, plus récemment les attaques du frelon asiatique et les prédateurs divers. Tout ceci se rajoute aux autres facteurs de fragilisation des la santé des abeilles et des autres pollinisateurs (varroa, baisse de la bio-diversité, réchauffement climatique…)

Les pesticides :

Les insecticides comprennent: les fongicides, insecticides, herbicides employés sur les végétaux en fleurs.  Les insecticides de la famille des néonicotinoïdes consistent en enrobages des graines des semis ou en traitement sur la végétation contre les insectes piqueurs principalement (pucerons, cochenilles…)

Les produits « grand public » que l’on trouve en jardineries et qui sont destinés à lutter contre ces types d’insectes, sont quasiment tous des dérivés des néonicotinoïdes. Cette famille d’insecticides se caractérise par 3 particularités :
Une persistance d’action très longue (plusieurs semaines à plusieurs mois)
Une action systémique : le produit pénètre dans la plante et circule dans la sève qu’il rend toxique pour les insectes piqueurs et ceux qui consomment l’eau excudée
Ils sont actifs à très faible dose.

Les autres sont le plus souvent des Pyréthrinoïdes, extraits ou pas du pyrèthre, ils sont dotés d’un spectre d’action très large. D’où leur succès.

Les roténones (naturelles et longtemps conseillés par les BIOS) sont cancérigènes!
Les pyréthrinoïdes naturels sont aussi dangereux pour les abeilles que les autres insecticides à large spectre! Leur seuls avantages : ils ont une action de choc bonne mais avec une persistance très brève!

Insecticide non dangereux pour les hyménoptères (abeilles et guêpes…) : le bacillus thuringiensis (ou sa toxine isolée). Il est actif uniquement sur les lépidoptères (chenilles processionnaires en particulier) et sans danger pour l’homme.

Les insecticides biologiques sont rares et souvent beaucoup moins efficaces.

Le meilleur insecticide biologique pour éliminer un insecte est naturellement un autre insecte. La coccinelle est un insecte carnivore qui dévore énormément de pucerons, la mante religieuse chasse tout insecte qu’elle peut attraper, mais on ne peut malheureusement pas en acheter.

L’usage de ces produits chimiques s’est généralisé dans les campagnes occidentales, à partir de 1995.

Les tonnages des cinq principaux « tueurs d’abeilles » vendus en France (acétamipride, clothianidine, thiaméthoxame, imidaclopride, thiaclopride) sont passés de 387 tonnes, en 2013, à 508 tonnes, en 2014. Soit une augmentation de 31 % en un an, malgré un moratoire.

Le moratoire européen depuis sa mise en place en 2013 sur certains usages des néonicotinoïdes n’a pas été très inopérant, l’utilisation des insecticides, mis en cause dans l’effondrement des colonies d’abeilles et de pollinisateurs sauvages (bourdons, papillons, etc.), a même explosé.
En 2016 la loi « Pour la reconquête de la biodiversité, de la nature et des paysages » a été votée. Elle prévoit l’interdiction de l’usage des néonicotinoïdes  à partir du 1er septembre 2018 pour l’ensemble des cultures agricoles, quels que soient les usages (pulvérisations, traitement des sols ou enrobage de semences), avec toutefois des dérogations jusqu’au 1er juillet 2020 lorsqu’il n’existe pas d’alternative.

Les néonicotinoïdes sont une classe de produits toxiques employée comme insecticides agissant sur le système nerveux central des insectes. Ces substances sont utilisées principalement en agriculture pour la protection des plantes (produits phytosanitaires) mais aussi par les particuliers ou les entreprises pour lutter contre les insectes nuisibles à la santé humaine et animale (produits biocides). Les néonicotinoïdes sont les insecticides les plus utilisés dans le monde pour la protection contre les insectes parasites des cultures et des animaux, aussi bien d’élevages industriels (volailles, ovins) que domestiques (colliers insecticides pour chiens et chats). Ils ont pris la place de plusieurs autres insecticides, notamment le DDT. Au niveau mondial, les néonicotinoïdes représentent un quart, en volume, des ventes totales d’insecticides. Ces tonnages sont destinés principalement aux cultures de maïs.

Leur faible biodégradabilité, leur effet toxique persistant et leur diffusion dans la nature (migration dans le sol et les nappes phréatiques) commencent à poser d’importants problèmes d’atteintes à des espèces vivantes qui n’étaient pas ciblées : insectes (abeilles, papillons…), de prédateurs d’insectes (oiseaux, souris, taupes, mulots, chauve-souris), d’agents fertilisants des sols (vers de terre).

Les différents insecticides :

  • l’acétamipride : commercialisé par Scotts et Bayer CropSciences pour les formulations commerciales Suprême, Polysect, Bambi, Equinoxe .. et principalement pour le traitement des arbres (fruitiers ou non), légumes, pomme de terre, tabac, rosiers etc.
  • la clothianidine : commercialisée par Bayer Cropsciences, par exemple pour la formulation commerciale Poncho, elle n’est pas autorisée en France.
  • le dinotéfurane : utilisé par Mitsui Chemicals dans le Dinotefuran
  • l’imidaclopride : utilisé par Bayer dans le Gaucho et dans le Confidor (beaucoup d’usages refusés/retirés en France)
  • le nitenpyrame : utilisé par Jiangsu Sword Agrochemicals dans le Nitenpyram
  • le thiaclopride : utilisé par Bayer dans le Proteus (ou PROTEUS (mention abeille, c’est-à-dire Emploi autorisé durant la floraison)
  • le thiaméthoxame utilisé par Syngenta dans le Cruiserdans l’Actara,  dans le Luzindo (usage autorisé provisoirement en France sur vigne)

Le syndrome d’effondrement des colonies d’abeilles « Colony Collapse Disorder ou CCD »

Ce phénomène dont l’ampleur devient épidémique reste inexpliqué. Les études en cours ne permettent à ce jour que de supposer une synergie entre plusieurs causes.

Les administrations, notamment les services vétérinaires, semblent désemparées face à cette maladie émergente, faute de savoir où porter leurs efforts. Comme les rares chercheurs étudiant ce phénomène, elles ne peuvent s’appuyer que sur un corpus récent et relativement pauvre d’études et de données, éco-épidémiologiques notamment.

Ce syndrome est jugé très préoccupant par les apiculteurs, mais aussi par de nombreux écologues, économistes et experts en raison de l’importance économique et écologique de l’abeille en tant que pollinisatrice. L’abeille est généralement considérée comme une « sentinelle » bio-indicatrice de l’état de l’environnement, en raison de sa présence presque partout sur terre, de sa capacité à collecter via le pollen et le nectar, des doses infimes de polluants et parce qu’elle est facile à capturer (pour l’abeille domestique). De ce fait, le syndrome qui la touche alarme les chercheurs.

Les prédateurs divers : Certains petits rongeurs, lézards, attirés par le miel peuvent se glisser dans la ruche. S’ils ne sont pas tués, ils peuvent faire très rapidemment de gros dégâts.

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