Stéphane Delavallade – Evocation provençale –


S. Delavallade

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Fréjus depuis le Mont Vinaigre (Massif de l’Esterel)

La Provence ! Ce nom évoque instantanément la lumière intense liée à la chaleur des longues journées d’été, le soleil des rivages bleutés de la Méditerranée, le chant ininterrompu des cigales et le parfum entêtant des pins et des lavandes.

La Provence est ce territoire béni des Dieux depuis l’Antiquité, bien plus étendu que le seul pays de Frédéric Mistral ; il s’étend sur l’ensemble du pourtour méditerranéen et représente dans l’inconscient collectif ce paradis perdu toujours recherché, qui nous relie à notre passé, sans doute plus fantasmé que réel.

L’Homme occupe ce territoire depuis ses origines, et l’a profondément transformé en fonction des ressources présentes (pierres, roches, bois, sols…), pour se nourrir et se protéger des conditions climatiques difficiles en été (canicules, sécheresses, précipitations violentes et irrégulières, vent fort, feux). La végétation s’est adaptée à ces conditions particulières : on parle de forêts feuillues sclérophylles, c’est-à-dire à feuilles résistantes, ainsi que leurs formations simplifiées (pinèdes), ou dégradées (garrigue et maquis), à plantes buissonneuses, épineuses, et odorantes, pouvant aller jusqu’à la steppe herbacée.

En réalité il n’y a pas une Provence, mais des Provences multiples résultant des localisations géographiques, mais aussi du substrat pédo-géologique en place. Ainsi on distingue :
– la Provence calcaire
– la Provence cristalline (granitique ou métamorphique)
– les basses montagnes méditerranéennes

  • La Provence calcaire

La végétation type est la forêt de Chêne vert (Quercus ilex) qui se développe sur tous les substrats pourvus qu’ils soient relativement secs. C’est une forêt de basse pente, la plupart du temps sur calcaire. Elle peut cependant atteindre des altitudes plus élevées (au Pic Saint-Loup par exemple ou encore sur les versants sud des montagnes jusqu’aux environs de 700 m). L’étage arbustif comporte des Pistachiers (Pistachia terebentthus) et (Pistachia Lentiscus), le Caroubier, le Laurier, le Sumac (Rhus) la Filaire (Phillyrea angustifolia), le Thym, le romarin, l’arbousier le Chêne kermès ( Quercus coccifera), le Genévrier, Romarin officinal, l’Érable de Montpellier, le Pin d’Alep, le pin « parasol » ou « pignon », le pin maritime, les cyprès, les Cistes, la coronille glauque de Montpellier, la Lavande (Lavandula stoechas), etc.

La Garrigue est la forme dégradée de la chênaie de Chêne vert (Quercus ilex), elle occupe les terrains calcaires et délavés et la végétation arbustive y est moins dense.

La strate arborée est en général absente, ou alors plus basse que la forêt dite du maquis.

Les plantes qui poussent dans la garrigue ont dû s’adapter au climat et aux sols secs de ces régions, les plantes les plus xériques ont donc été favorisées.

Parmi la végétation arbustive on peut remarquer notamment :

La strate sous-arbustive est ici occupée par :

La garrigue étant un milieu de permanente dégradation, son état final est donc la steppe. Elle effectue la jonction entre la forêt sclérophylle et les steppes herbacées.

Montagne Sainte Victoire à 15 km d’Aix-en-Provence

  • La Provence cristalline

La végétation type est la forêt de Chêne-liège (Quercus suber) sur sols siliceux et climat plus humide, souvent difficilement pénétrable comme dans le massif des Maures. L’accompagnent le Pin maritime (Pinus maritima), le Pin d’Alep (Pinus halepensis), le Pistachier (Pistachia lentiscus), le Myrte, des Cistes, la Lavande, la Callune (Calluna vulgaris).

Le Maquis (est une forêt où les grands arbres sont absents) est la formation végétale atypique des climats méditerranéens, elle se forme sur les terrains siliceux.

On y retrouve de nombreuses variétés de plantes, qui se sont notamment acclimatées à ce milieu et qui sont donc devenues endémiques à ce dernier. La strate arborée (ou arborescente) est relativement riche et correspond à de grands arbres à fort recouvrement, sa cime atteint en général les 15 mètres.

Les principaux arbres qui composent cette strate sont :

La strate arbustive, relativement dense, atteint environ 4 mètres de haut et correspond au maquis proprement dit, elle est composée de nombreux buissons à feuilles épineuses ou persistantes, dont en majeure partie :

Mais également de plus petits arbustes ou arbrisseaux tels :


Massif de l’Esterel Mont Vinaigre

  • La pinède, qui s’est considérablement développée depuis le début du XXesiècle et l’abandon des terres peut se retrouver pratiquement partout, le pin d’Alep étant, notamment, une espèce pionnière au développement rapide.
  • La forêt de chênes blancs originelle (chêne pubescent) ne subsiste plus que par morceaux, surtout à flanc de montagne au-dessus de 700 mètres d’altitude.

NB : Au niveau mondial, on peut observer des forêts sclérophylles :

Ces zones sont situées dans des latitudes de l’ordre de 30 à 45° et correspondent à un climat tempéré chaud qui correspond à la transition entre les climats subtropicaux et les climats tempérés en général.

 Evocation Provençale
La composition réalisée en mai 2019 évoque la Provence calcaire, avec un olivier, un pin d’Alep, de la lavande et de l’œillet nain.


Conseils d’entretien :
◦ Exposer le terrarium à la lumière du jour, en évitant la lumière directe
◦ Arroser modérément une fois par mois
Attention : mieux vaut ne pas assez arroser que trop arroser ; risque de pourriture important !
◦ Humecter le feuillage une fois par mois

 Stéphane Delavallade 11 juin 2019


Stéphane Delavallade, Expert en Environnement Vert, 12 Impasse Huat – 51470 Saint Mémmie – Tel : 06 85 75 42 82
E-mail : stephane.delavallade@hortis.fr


Témoignages : 

« On a envie de partir !!! Et quand je regarde par la fenêtre la Provence est loin !!!! Mais avec votre très beau texte, on aimerait un petit coin de Provence à la maison…Vous pouvez donc faire plus de terrariums pour amener un peu de Provence en Champagne !! »
Violaine Plomion, habitante de Reims 

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